Législative Lot-et-Garonne: le PS cherche des explications, Cahuzac et les Verts accusés

Le Parti socialiste, qui enchaîne les défaites aux élections législatives partielles, cherchait lundi des explications à son élimination au premier tour dans le Lot-et-Garonne, entre désunion de la gauche et séisme Cahuzac, avec au bout du compte une finale UMP-FN dans l'ex-fief de l'ancien ministre.

Photographe : Mehdi Fedouach :: Jean-Louis Costes (d), le candidat UMP, arrive le 16 juin 2013 à Villeneuve-sur-Lot photo : Mehdi Fedouach, AFP
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Dans cette législative partielle, l'UMP est arrivée en tête dimanche soir, avec 28,71% des voix, suivie du FN, avec 26,04% des suffrages. Le PS a lui obtenu 23,69%, un score représentant seulement 10,35% des inscrits, insuffisant pour être qualifié au second tour.

C'est la huitième élection législative partielle perdue pour le PS, qui s'est fait éliminer dès le premier tour dans quatre d'entre elles (Val-de-Marne, Oise, Europe du Sud et Lot-et-Garonne).

Le groupe socialiste à l'Assemblée compte désormais 292 membres et apparentés, soit seulement trois de plus que la majorité absolue de 289.

Le président François Hollande, sur M6 dimanche soir, a vu dans l'élimination du PS une "séquelle" de l'affaire Cahuzac, estimant aussi que c'était "quand il n'y a plus d'espérance qu'il y a des votes extrêmes".

Lundi, depuis le salon aéronautique du Bourget, le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a jugé que le PS avait payé "la tromperie" de Cahuzac.

"avertissement", "sanction"

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Mais au-delà, plusieurs responsables socialistes ont clairement imputé ce revers à la multiplicité des candidatures à gauche, visant particulièrement Europe-Ecologie-les Verts, membre de la majorité.

Le candidat EELV, Lionel Feuillas, et la candidate du Front de gauche, Marie-Hélène Loiseau, ont obtenu respectivement 2,78% et 5,08% des suffrages.

Ainsi Harlem Desir, qui a appelé à "faire barrage" au Front national en votant pour le candidat UMP dimanche prochain, a jugé "particulièrement regrettable" qu'il y ait eu "division de la gauche".

"C'est une faute politique de ne pas se rassembler au premier tour quand on est ensemble et qu'on doit assumer ensemble le bilan de la majorité", a affirmé lundi sur Canal + Bruno Le Roux, patron des députés socialistes.

Dimanche soir, Luc Carvounas, secrétaire national du parti chargé des relations extérieures, avait aussi dit regretter "notamment que Lionel Feuillas (...) se soit maintenu".

Ce à quoi les responsables écologistes ont répliqué: : "le PS perd 14.790 voix en un an et les responsables sont vos partenaires ? C'est cette analyse qui est inexcusable", a estimé David Cormand, chargé des élections à EELV.

Le patron des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, a, lui, jugé que la "politique du gouvernement" associée à l"effet Cahuzac" expliquaient la chute du PS. "Pas la peine de chercher (de) bouc émissaire", a-t-il lancé.

La sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann a aussi pointé du doigt "un basculement d'une partie de notre électorat vers le Front national".

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, interrogé sur Radio Classique et Public Sénat, a fait valoir que c'était "l'affaire Cahuzac + l'austérité", qui expliquaient ce résultat. Cela nécessite que le PS "tire les leçons" et que le gouvernement "change de cap d'urgence".

Pour le MRC de Jean-Pierre Chévènement, l'effet Cahuzac "ne peut suffire à expliquer cet échec", ni "la division de la majorité (...). C'est un net avertissement politique qui est adressé à la majorité".

Dans ce contexte, Jean-Christophe Cambadélis, artisan de la gauche plurielle dans le gouvernement Jospin, a lancé un appel à Pascal Durand (EELV) et Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche) pour constituer une "alliance démocratique des forces de gauche et des écologistes" avant les élections municipales de 2014.

Dans le cas contraire, il y aura "des dizaines de Villeneuve-sur-Lot", a-t-il averti, alors que le vice-président du FN Florian Philippot a vu "une dynamique extraordinaire autour du Front national".

A l'UMP, le président, Jean-François Copé, a évoqué un "nouveau désaveu cinglant pour François Hollande et sa politique", l'ancien Premier ministre François Fillon une sanction pour "une majorité sans cap" et l'ancien ministre Xavier Bertrand une "claque pour le PS".

Au final, pour le politologue Frédéric Dabi (Ifop) interrogé par l'AFP, "division de la gauche, poids de l'affaire Cahuzac, mais aussi sans doute sanction de la politique du gouvernement se traduisant par une forte abstention" expliquent le vote de dimanche